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Le 22 Janvier 2026, FST Béni Mellal, 

Mlle TOUFIKI Nora, doctorante au Centre Régional de la Recherche Agronomique de Tadla–Béni Mellal, a soutenu sa thèse de doctorat sous la direction de Pr. Wahid Nadya et la codirection du Dr. Bouazzama Bassou réalisée au sein du Laboratoire Irrigation et Modélisation du CRRA Tadla en partenariat avec la Faculté des Sciences et Techniques de Béni Mellal – Université Sultan Moulay Slimane.

Les travaux de recherche portent sur le thème suivant :


« Etude de l’effet de l'interaction Eau-Azote sur le rendement et la qualité technologique de la betterave sucrière irriguée par goutte à goutte au périmètre de TADLA »

 

Résumé :

La rareté de l’eau dans les zones semi-arides impose une gestion raisonnée de l’irrigation et de la fertilisation azotée pour optimiser rendement et qualité des cultures. Cette étude analyse l’effet combiné de différents régimes hydriques et niveaux d’azote sur le rendement racinaire et la qualité technologique de la betterave sucrière.

Un essai préliminaire a identifié le génotype le plus adapté aux conditions locales, assurant l’homogénéité du matériel végétal. L’expérimentation principale a combiné quatre régimes d’irrigation (100, 80, 60 et 40 % de l’ETc) et quatre doses d’azote (80, 160, 240 et 320 kg N ha⁻¹), appliquées par fertigation fractionnée.

Les résultats montrent que le déficit hydrique réduit la surface foliaire, la conductance stomatique et le rendement racinaire. L’irrigation à 80 % de l’ETc constitue un compromis optimal entre économie d’eau et maintien du rendement, tandis qu’un stress modéré (60 % ETc) reste tolérable, et un stress hydrique sévère (40 % ETc) pénalise fortement la production. Sur le plan technologique, un stress modéré augmente la polarisation mais réduit le sucre extractible, diminuant la pureté du jus.

La fertilisation azotée influence significativement rendement racinaire et qualité technologique. Des doses intermédiaires (~160 kg N ha⁻¹) optimisent ces paramètres tout en limitant les impuretés, tandis que des apports élevés (320 kg N ha⁻¹) dégradent la qualité et augmentent les risques environnementaux. Après un précédent légumineux, la dose optimale peut être réduite à 80 kg N ha⁻¹. L’irrigation optimale favorise l’accumulation de NO₃⁻ dans la zone racinaire, tandis que le déficit hydrique ralentit la nitrification.

En conclusion, l’association d’un régime hydrique de 80 % de l’ETc et d’une fertilisation modérée (≈160 kg N ha⁻¹, ajustable à 80 kg N ha⁻¹ après légumineuse) est la stratégie la plus efficiente pour concilier rendement, qualité technologique et durabilité environnementale de la betterave sucrière en milieu semi-aride. Le pilotage raisonné de l’irrigation apparaît comme un levier majeur pour la durabilité des systèmes sucriers.